Le jour où j’ai accouché #1

Nous y voilà. J’ai pas mal hésité avant de me lancer dans le récit de cette aventure hors du commun, et en même temps on ne peut plus banale. Ma vision de l’accouchement, c’est un peu comme dans le spectacle de Florence Foresti, moins t’en parles et moins les autres en savent, mieux tu te portes. Mieux l’humanité toute entière se porte.

Et en même temps, j’avais envie de raconter ce moment. Et comme je suis ici chez moi et que je fais ce que je veux avec mes cheveux (qui a dit que j’étais immature ?? Je t’ai entendu tu sais !!), je me lance. Après avoir réfléchi 2 secondes à comment tourner la chose, j’ai vite compris que j’allais pas pouvoir TOUT vous raconter, et certainement pas en une fois… D’où le premier épisode de cette saga extraordinaire que vous allez découvrir à présent.

Commençons par le commencement. Le 23 novembre, soit 15 jours exactement avant la date présumée de l’arrivée de celui qui ne s’appelait pas encore Hibou, mais Pois Chiche, je retrouve ma copine Vanessa pour une aprem entre filles. Bébé est bien bas, il appuie sur le col mais c’est le cas depuis 2 mois déjà et même si je dois éviter de danser la tecktonik en boîte (souviens-toi de cette dans absolument magique), je peux quand même bouger. Enfin, les jours où la sciatique, la rétention d’eau et le syndrome de Lacomme me laissent tranquille. Donc je chausse mes bas de contention (no comment) et je roule (pas en voiture, mais plutôt comme la boule que je suis) jusqu’au point de rendez-vous.

A cause des points évoqués plus haut, je vis un peu comme une recluse depuis quelques temps et je n’ai pas vu Vanessa depuis des lustres, depuis avant l’été en fait… On se retrouve, on est trop contentes, on va dans notre magasin fétiche à Montparnasse, sauf que non seulement y a pas de fringues taille Mammouth, mais en plus, je passe même plus dans les rayons, que ce soit de face ou de profil ! On finit par se poser dans un bar, où deux dames (que je bénis encore) me demandent pour quand c’est. Quand je leur réponds « Pour dans 2 semaines », elles écarquillent les yeux, me regardent de haut en bas et me disent « Oh bah on ne dirait pas !! Vous êtes magnifique !! ». Mouais… J’ai un peu de mal à les croire mais n’empêche, ça fait toujours du bien.

Un coca zéro plus tard, c’est déjà l’heure de dire au revoir à Vanessa. On se quitte dans la gare, je prends le train de banlieue et elle le métro. En rigolant je lui balance « Tu vois, on a réussi à se voir avant que j’accouche (je te rappelle qu’on attendait depuis juillet pour se voir), donc c’est bon, il peut sortir demain !! »… Ha-ha-ha, si j’avais su !

Le lendemain matin, je me réveille seule car Papounet part travailler très très tôt. Il est 7h30, je m’assois dans le lit. Enfin, le temps que je passe de la position « grosse baleine échouée de côté » à « mammouth assis », 12 minutes se sont écoulées environ, hein. Et là SPLASH ! Plutôt schlouch en fait. La flaque. Je fronce les sourcils, inquiète, et ce que je pense à ce moment-là n’a pas de prix : « Merde. Ou alors je viens de perdre les eaux, ou alors je deviens VRAIMENT incontinente. » Ben oui, des mois que bébé appuie sur la vessie et que je dois faire un effort surhumain pour ne pas me pisser dessus au moindre éternuement ou à la première bonne tranche de rigolade. Aucune douleur non plus, zéro contraction (enfin juste celles de la fin de grossesse quoi), donc j’ai le doute. Sauf que j’ai super envie de faire pipi, j’y vais d’ailleurs. Et là je me rends bien compte qu’effectivement, je ne suis PAS -encore- incontinente. Hummmmm, c’est le moment d’appeler Papounet, je crois ! « Allô ? Oui… non… tout va très bien, ne t’inquiète pas hein, mais je crois que je suis en train d’accoucher… » Limite si je n’entends pas le moteur de son scoot rugir alors qu’il file me rejoindre à la maison.

Pendant ce temps-là, toujours aucune contraction, je suis en mode tranquille Emile, excitée, mais pas du tout flippée. Papounet arrive hagard, laisse les clefs sur la porte de la maison et entre en trombe « Je suis là !! » . Il tombe nez-à-nez avec un pachyderme dans le canap’ en train de bouffer ses céréales devant la télé (moi). « Euh… mais ?? Tu m’as pas dit que t’étais en train d’accoucher ?? ». Papounet est comme moi, tout excité, mais l’angoisse en plus. Moi j’ai juste hâte, enfin on va voir la tronche du Pois Chichou !! Oui, mais calmos mon petit ! Aux cours de préparation, on nous a bien dit « A partir du moment où vous perdez les eaux, vous avez 12h pour vous rendre à l’hôpital ». Sachant que la maternité est à 10 minutes chrono de la maison (on est dimanche et il est 8h30), cela me laisse 11h50 pour me préparer. PAR-FAIT.

Papounet me relance « On y va làààà ?!! », je lui dis que non, je dois d’abord me laver, et puis finir mon petit-dej et me maquiller aussi. Il croit que je plaisante. Ah non, mais pas du tout ! Si ça se trouve, j’en ai pour 24h de travail, sans bouffer ni boire (car j’ai demandé la péridurale) donc je fais des provisions ! Et pour la même raison, je compte bien me maquiller, et avec du waterproof svp, parce qu’au bout d’1 journée de travail, je refuse d’avoir une gueule toute pourrie, merde. Mon bébé va me regarder et j’aurais pas de deuxième chance pour lui faire une bonne première impression (oui, je sais qu’il voit rien, et surtout qu’il s’en fout grave, et alors ?) !

Je finis toutes mes petites affaires, pendant que Papounet trépigne et fait les 100 pas. Je prends mes 2, non mes 3 valises (oh ça va hein, 2 pour bébés et juste 1 pour moi, ok !), ah et puis un sac poubelle pour m’asseoir dessus dans la voiture (et oui, je fuis toujours, vois-tu). Ça y est, c’est MAINTENANT. Ouh là là, l’excitation ! Comme le matin de Noël, où enfant, on savait qu’on allait trouver tous les cadeaux au pied du sapin. Je ressens exactement la même chose !

On passe la barrière de l’hôpital au moment où je ressens les premières contractions. Je pique un fou rire -nerveux- quand Papounet dit au mec de la barrière « C’est pour ma femme, elle va accoucher » et qu’il ouvre machinalement, en mode normal. Je me doute qu’il doit en voir tous les jours, et même, plusieurs fois par jour. Mais quand toi tu arrives en mode « Bonjour, je viens pour accoucher ! » et ben c’est quand même marrant. Je fais la même à la nénette des urgences gynéco. Elle me voit sourire et plaisanter, donc elle croit que je me fous de sa gueule. « Non, non, Madame, je viens VRAIMENT accoucher, j’ai perdu les eaux ».

La suite au prochain épisode ! Enfin, si ça vous dit 😉

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2 réflexions sur “Le jour où j’ai accouché #1

  1. Le SNU, une fois qu’on l’a, c’est fichu. Je pense que peut être quand les enfants quitteront la maison, on devrait avoir une chance d’en récupérer un ou deux autres (des neurones, pas d’autres enfants, voyons!) mais pas sûr…
    Pour la perte des eaux: je croyais que c’était 2 heures max avant d’aller à la maternité, non? 12h, ça me semble beaucoup, rapport aux infections etc…

    • syndromeneuroneunique dit :

      Ah mince ! C’est bien ce que je pensais !! Et même si on les récupère une fois qu’ils quittent le nid, c’est maintenant que j’en aurais bien besoin hahaha !
      Pour la perte des eaux… euh… ben je sais pas, j’ai peut-être pas bien écouté ahem ! Mais je crois bien que c’est 12 en fait tant que le travail ne commence pas, ce qui était mon cas. Enfin, ils m’ont bien répété plusieurs fois « Pour le 2e, il faudra venir TOUT DE SUITE madame, hein ? » Comme j’ai accouché en 4h du premier, ils avaient l’air de penser que je mettrais encore moins pour le suivant, on verra bien ! 😉

Allez, la parole est à toi maintenant, alors prends-la !

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