Le jour où j’ai accouché #2

Souviens-toi, j’ai commencé à te parler de mon accouchement ici. Arrivés à la maternité avec Papounet, je dis donc à la dame de l’accueil que je viens pour accoucher, car j’ai perdu les eaux. Je suis fière comme Artaban, ouais, je vais accoucher et j’ai même pas mal !

Du coup, on me pose 2-3 questions, histoire de confirmer que ce sont bien les eaux que j’ai perdues et non pas je-ne-sais-quel autre fluide corporel chelou (miam). Une sage-femme arrive et me dit « déshabillez-vous, je vais vous examiner »… Euh, mais t’as pas entendu ou quoi ? Je viens de te dire que je fuyais de par là-où-je-pense, je vais en mettre partout… « Pas grave, qu’elle me dit, on a l’habitude ici ». Bon, ben, qu’à cela ne tienne, hein !

Verdict, j’ai bien perdu les eaux, mais le travail n’a pas commencé. Ah bah tu m’étonnes que j’avais pas mal. J’avais des contractions, hein, mais pas si douloureuses que ça. Floute. La sage-femme me dit de me rhabiller et conclut « Quoiqu’il arrive, on vous garde avec nous, on va attendre que le travail se déclenche de lui-même. Ça peut être dans 5 minutes, 2 heures ou demain. Et si jamais il ne se déclenche pas, alors on le déclenchera nous-mêmes ». Oh nom de Diousssss !!! Ma hantise depuis le début de ma grossesse. La césa, la péri, les forceps, OK, tout ce que vous voulez mais ça, non. C’est irrationnel, c’est ma fixette de future Maman. Je ne VEUX PAS d’un déclenchement, cette perspective me terrifie La sage-femme me dit que dans la plupart des cas le travail se déclenche tout seul. Ouf, je suis rassurée. Elle me lance en sortant : « Allez faire un tour et revenez quand vous aurez mal ».

Avec Papounet, on se regarde. GE-NIAL, un tour dans un hôpital un dimanche matin, on en rêvait ! Et on me dit de revenir quand j’aurai mal… euh mais ça veut dire quoi au fait ? Pauvre petite nullipare que j’étais… tsss tssss… j’ai vite compris !

Bref, ça tombe bien, faut aller aux admissions qui sont à l’autre bout de l’hôpital. Bah oui, quand t’accouches, t’as que ça à faire d’aller donner la photocop de ta carte vitale qui a déjà été scannée 512 fois par tous les services lors de tes 329 précédents rendez-vous, mais bon. Moi ça va, mais je pense aux femmes qui pour le coup arrivent en plein travail, comment ça se passe, le brancard fait un petit crochet ou bien ?

Nous voilà aux admissions avec Papounet. Ça commence un peu à piquer là, au niveau bu bide, du dos, de partout. Du coup, c’est lui qui parle parce que moi, toutes les 5 minutes, peux-pu-pa-ler-a-fai-to-mal. La dame est très gentille mais sa photocopieuse, non. Biatch. On passe à peu près 45 minutes à attendre, à la regarder mettre du papier, de l’encre, débrancher, rebrancher… De toutes façons, m’en fous un peu, j’avoue que je commence à planer, à me sentir dans le brouillard. Les hormones certainement.

Là, la dame me regarde, et regarde sa collègue d’un air entendu de femme-qui-est-déjà-assée-par-là. Je me rappelle m’être dit « Bah quoi, keskya làààà ? » avant qu’elle ne me dise « Hum ! Vous y êtes ! » Où ça ?? Ben sur le point d’accoucher, en fait. Ah ouais. BOBO quand même. On va peut-être retourner aux urgences gynéco, hein. Le temps d’y arriver et je pense que ce sera bon au niveau du « revenez quand vous aurez mal ». J’ai MAL-EUH.

Et là, la rando commence. Je suis toujours zen, je rigole avec Papounet, sauf pendant les contractions, comme tu t’en doutes. Punaise, qu’est-ce qu’il marche vite ! Et puis, quand il lance une vanne et que je réponds pas, il me dévisage d’un air anxieux. T’inquiète, chéri, c’est juste que quand t’as une contraction, en fait tu… Inutile d’expliquer, t’en as eu : tu me comprends, t’en as pas eu : tu me comprends pas ! Je me souvenais pas qu’il y avait autant d’escaliers pour aller des admissions à la mater… Toutes les deux marches : pause ! Ou plutôt : contraction !

Là commence un manège curieux pour qui n’a jamais accouché mais tout à fait logique dans ma tête, et peut-être dans celles d’autres mamans (dites-moi que je ne suis pas seule). Je vais dans TOUTES les toilettes que je croise. Déjà, parce que j’ai envie de faire pipi, mais si tu savais à quel point… Mais aussi et surtout parce que je ne veux pas me taper la honte sur la table de travail. Je te vois venir avec tes « oh, mais il ont l’habitude, ils font ça discrètement, tu ne le sauras même pas ! » N’empêche. Hors de question que je pousse la crotte au moment crucial (d’ailleurs, tu verras par la suite pourquoi j’ai bien fait d’anticiper). Bref, si un jour tu te retrouves à Béclère avec une envie pressante, demande-moi, je les ai toutes faites. TOUTES.

Au final, je ressors soulagée et là je dis à Papounet dans un souffle « c’est bon, on va y aller maintenant parce que AÏEEEEE ». Retour aux urgences gynéco. Coucou, c’est moi, tu m’as dit de revenir quand j’aurai mal, ben je suis là et j’ai mal. « Asseyez-vous, on va venir vous chercher ». OK. J’ai mal pendant les contractions, mais entre, ça va, et avec Papounet, on a enclenché le mode jouasse. J’envoie 20 000 textos à mes proches, je vais même sur Facebook (oui bon ben ça va hein ! Accouchement ou pas, quand t’es en salle d’attente, tu t’emmerdes, voilà !), je discute avec Auntie C. (une des tantes de Hibou) qui est aux USA, je suis émue que la technologie nous permette d’échanger quelques mots à des milliers de kilomètres l’une de l’autre en cet instant si particulier…

Bon par contre, faudrait voir à accélérer le mouvement quand même parce que ça pique un peu. Je serre les dents. Au fond du couloir, une dame avec son gros ventre est dans un fauteuil roulant et glapit. Elle ne geint pas, non, elle ne hurle pas non plus. Elle glapit, à intervalles réguliers, et de plus en plus fort, façon sirène de pompiers. Je compatis. Les 5 premières minutes. Ensuite, je desserre les dents pour siffler à Papounet : « si elle continue, je me lève et je lui fous un coup de boule. Elle me stresse, là. »

Ça tombe bien, c’est le moment que choisit la sage-femme pour venir me chercher. Elle me demande si j’ai mal. Je la regarde en mode « C’est une vraie question ou tu te fous de ma gueule ?? » Elle m’ausculte et me dit « Ouh là, mais vous êtes à 4 ! On va aller en salle de travail là, vite, vite ! ». (Aparté : pour celles qui n’ont pas leur brevet option mise bas, être à 4, ça veut dire que ma schneck bée de 4 beaux centimètres. A 10, bébé sort). Voilà voilà.

Bon ben quand faut y aller, faut y aller hein. Comme dirait le Docteur* « Allons-y Alonzo ! »

La suite au prochain épisode !

 

 

* Le Docteur Who de la BBC hein, pas mon médecin traitant !

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